Con traducciones del español al francés de Jean Portante, presentamos una muestra poética de la cubana Reina María Rodríguez, una de las voces más significativas de América Latina.

Reina María Rodríguez

Jean Portante, poète luxembourgeois et traducteur, domiciliés en France, propose ici un échantillon poétique de Reina María Rodríguez, née en Cuba, pour les lecteurs en français et en espagnol.

   Les lecteurs peuvent également trouver dans La Otra son discours d’acceptation du Prix National de Littérature 2013, de son pays, Cuba: http://www.laotrarevista.com/2014/03/reina-maria-rodriguez-cuba-1952/

El poeta y traductor luxemburgués, radicado en Francia, Jean Portante ofrece aquí una muestra poética de la cubana Reina María Rodríguez para los lectores en francés y en español.

   Los lectores pueden encontrar también en La Otra el discurso de recepción del Premio Nacional de Literatura 2013, de su país, Cuba.

http://www.laotrarevista.com/2014/03/reina-maria-rodriguez-cuba-1952/

AVERTISSEMENT

Ne joue pas d’autre piano qui ne soit pas à toi

ne le trahis pas ni ne le blesse

– il ne faut pas non plus le reconstruire –

demandait Glenn Gould

un piano ne peut pas être dédommagé

de sa chute (toi non plus)

ni sauvés

ses marteaux

qui ont laissé

fermeté et obsession

dans la passion de mains

affaiblies par la vieillesse.

Les notes en liberté se déchiquettent

sans qu’on puisse les arracher

à leur fin inévitable.

Pleurer, rire et courir

ne te sauveront pas non plus

du vent qui se colle contre le visage

et contredit dans l’effort

ta décision:

l’angoisse de la musique qui ne suffit déjà plus

pour vivre le tronçon de la route qu’ont laissé

les arpèges,

en liberté, muets, équidistants d’une autre octave

impossible

quand assise au volant

– cessant d’être moi pour être elle –

impliquée on ne peut plus

je regarde les kilomètres de clavier blanc

au-dessus desquels j’ai tant de fois passé mes mains,

les caressant

(sans variations)

avec désespoir.

Comme si courir du blanc au vert

– cette impossibilité de recommencer

depuis le haut –

dans la carcasse, la colline, entre les notes en liberté

dans lesquelles je m’absorbais

et demandais de crier en jouant

ce que maintenant je ne peux pas

parce que je suis décente, vieille,

abîmée

et sans musique

m’aurait protégé

de la vanité.

Advertencia

No toques otro piano que no sea el tuyo,

ni lo traiciones ni lastimes

-no lo reconstruyas tampoco-,

pedía Glenn Gould:

un piano no puede recompensarse

de su caída (tú, tampoco)

ni salvar

sus martinetes

que dejaron

firmeza y obsesión

en la pasión de unas manos

flojas por la vejez.

Las notas sueltas se despedazan

sin poder agarrarlas

de su final inevitable.

Llorar, reír y correr

no te salvarán tampoco

del viento que pega contra la cara

y contradice en el esfuerzo

tu decisión:

la angustia de la música que ya no alcanza

para vivir el tramo de carretera que dejaron

los arpegios

sueltos, mudos, equidistantes de otra octava

imposible

cuando sentada al volante

-dejando de ser yo para ser ella-,

involucrada a más no poder

miro los kilómetros de teclado blanco

sobre los que pasé tantas veces las manos,

acariciándolos

(sin variaciones)

con desesperación.

Como si correr del blanco al verde

-esa imposibilidad de empezar

desde arriba otra vez-

en la canal, en la colina, entre las notas sueltas

donde me ensimismaba

y pedía gritar tocando

lo que ahora no puedo

por ser decente, vieja,

magullada

y sin música

me hubiera defendido

de la vanidad.

Reina María Rodríguez

De, ¨Mazorcas¨ inédito.

Le succès

I

De tout ce qui s’est passé

l’expliqué est le pire qui se soit passé.

Une mère n’est pas un jour

pour aller au magasin.

Une mère tous,

se refroidit

et demande des choses auxquelles

jamais tu ne répondras.

Elle est ainsi cette chaîne

déloyale.

J’ai touché ses doigts si minces

en ‘en allant,

mais dans ma tête tu restes encore jeune

te baignant dans la mer avec ton maillot

noir et jaune

toute pleine de fleurs rouges sur le ventre.

Le pire de tout est d’expliquer ce que nous avons donné,

ou ce que nous n’avons pas pu donner

ce qui est inhabité

et se protège

sans d’autre explication.

II

Je sens sa voix

qui m’appelle

quand depuis la fenêtre

je la voix jouer entre les vagues

qui bientôt ne reviendront pas

– même si le ressac

la ramène

avec l’assiette de soupe à l’escalier –,

ou ce petit rendu de monnaie

qu’elle me prête

et que je ne rendrai jamais

avec le plan d’un chiffon qui est resté

même si ça ne suffit pas cette fois-ci

de l’étirer un peu plus

afin que le chemisier tombe

juste

sur la nécessité de l’épaule,

ses boutons cousus

les uns sur les autres

réaffirmant

avec du fil orange

ce qu’elle ne peut pas voir.

III

Quelqu’un joue du piano,

et quelqu’un s’arrête près de lui

c’est elle, celle qui a cousu des robes

interminables

comme des touches

sur des accords

finis.

C’est moi, celle qui a fait des poèmes

qui ne sont pas suffisants

pour donner une explication

qui ne soit pas de la broutille:

une robe, une couleur, un bouton

la trace (le chiffonnier)

“Rouge, blanc et bleu”

que nous autres appelons:

“Le succès”

et nous ne disions à personne

où il se trouvait

pour être les complices

et les propriétaires du mystère.

IV

Un baiser penché

glisse sur la joue,

sort sur la route

et se disperse

vers le rétroviseur qui marque

l’innocence,

du temps d’une vie

où nous croyions intelligentes.

C’était ça nos voyages

et nos désaccords.

Je vais mourir sans toi

– comme elle mourra sans moi.

C’est écrit dans le rêve

avec de vieilles chaussures.

Le destin est

une répétition

de la main ouverte

avec ses fines lignes

controversales.

Si je devais renaître

et avoir une fille et une mère

je demanderais que ce soit vous.

Je leur dirais ce qui n’est pas expliqué

dans l’explication

devant la porte de sortie

où l’on ne sait ni de dit

ce qu’on peut donner

ou mériter.

El éxito

De todo lo que ha pasado

la explicación es lo peor que ha pasado.

Una madre no es un día

para ir a la tienda.

Una madre tose,

se resfría

y pregunta cosas que nunca

responderás.

Es así esta cadena

desleal.

Toqué sus dedos tan delgados

despidiéndome,

pero en mi cabeza aún sigues joven

bañándote en el mar con la trusa

negra y amarilla

llenita de flores rojas sobre el vientre.

Lo peor de todo es explicar lo que dimos,

o lo que no pudimos dar

lo que está inhabitado

y se protege

sin más explicación.

II

Siento su voz

llamándome

cuando desde la ventanilla

la veo jugar entre olas

que pronto no volverán

-aunque la resaca

la traiga

con el plato de sopa a la escalera-,

o el dinerito de un vuelto

que me presta

y nunca devolveré

con el mapa de un retazo que sobró

aunque no alcance esta vez

al estirarlo más

para que la blusa caiga

ranglán

sobre la necesidad

del hombro,

sus botones cosidos

unos encima de otros

reafirmando

con hilo naranja

lo que no puede ver.

III

Alguien está tocando el piano,

y alguien se detiene junto a él

es ella, la que cosió vestidos

interminables

como teclas

sobre acordes

finitos.

Soy yo, la que hice poemas

que no son suficientes

para dar una explicación

que no sea baratija:

un vestido, un color, un botón,

el rastro (el trapi)  

“Rojo, blanco y azul”

que nosotras llamábamos:

“El éxito”

y no le decíamos a nadie

dónde quedaba

para ser cómplices

y dueñas del misterio.

IV

Un beso ladeado

se resbala de la mejilla,

sale a la carretera

y se dispersa

hacia el retrovisor que marca

la inocencia,

del tiempo de una vida

donde nos creíamos inteligentes.

Esos fueron nuestros viajes

y nuestras desavenencias.

Voy a morirme sin ti

-como ella morirá sin mí.

Está escrito en el sueño

con zapatos viejos.

Es el destino

una repetición

de la mano abierta

con sus finas líneas

controversiales.

Si volviera a nacer

a tener una hija y una madre

pediría que fueran ustedes.

Les diría lo que no está explicado

en la explicación

frente a la puerta de salida

donde uno no sabe ni dice

cuánto puede dar

ni merecer.

Le toit

… et le toit est bleu quand comme tout arrive à sa fin.

Yves Bonnefoy

Et quelle place pour mes poèmes ?

Et quelle place pour mes tasses

quand la pluie descend

les briser ?

Attacher les fenêtre

avec une ceinture rouge

et avec une ceinture noire

ne sous protègera pas.

L’ouragan est venu

pour rester

et clouer des fourmis

pariées parmi les ruines

afin que le sel ne suinte pas

la céramique

ne sera pas suffisant.

Ceci est ma maison :

un jardin desséché

par le soleil en été

et par le vent d’hiver

(avec ses mauvaises herbes

et ses mauvaises paroles)

habituées à grandir

et à donner qu’elles peuvent.

L’oiselle jaune qui s’est échappée

a laissé une instruction à la chaux sur le mur

un autre avertissement

au cas où un autre oiseau se décidait

à vivre en mangeant des balles de riz

sans graines.

Je me souviens des oiseaux passagers que  nous avons eus

qui ont profité de la tempête

pour s’échapper

– des années à les recouvrir la nuit avec un chiffon blanc

et à les découvrir ensuite  avec un chiffon noir,

au lever du soleil

contre l’insomnie nationale.

Quand avons-nous cessé de dormir

et de croire ?

Le calendrier que nous avions

était ce mouvement subtile

de recouvrir chaque jour

jusqu’au suivant

la misère, sa routine.

Où mets-je désormais la place pour la place ?

Où l’inquiétude d’une place qu’il n’est pas possible de placer

ni d’entretenir ?

Où les graines exiguës afin qu’elles ne se mouillent plus

où que personne ne nous les vole ?

où les pots

qui n’ont pas pu supporter tant d’humidité

– récipients faits pour les gouttières

plus que pour la terre,

les fleurs et les printemps ?

À ce stade

je rentre dans ma maison

pour enlever le toit

et ouvrir la boîte de pandore

– sa cruauté –

(les grillons qui on survécu

susurrant des consignes obsolètes

en cette place qui disparaît).

Combien de nuits m’ont aidée

à oublier ?

Un ciel nouveau sortira-t-il recouvrir

cette intempérie ?

Soudoierai-je les tempêtes

pour qu’elles soient plus faibles

et pour cacher

le mélange de noirceur et d’huile

qui m’a enveloppée

pendant toutes ces années ?

Comment la nettoyer ?

Les petits réservoirs d’eau

contaminée

ne suffiront pas

et les mouches

– qui peuvent tout –

survolant les étendoirs contre le vent

se moquant de mon désir de protection

demanderont :

« à ce stade, ma vieille,

peux-tu te sentir indifférente

quand un autre toit au-dessus de l’horizon et au-delà

vacille ? »

La maison d’en face, par exemple,

vers la gauche

qui semble de colombes

mais ne l’est pas

crisse son zinc quand les enfants

répandant les plumes qui sont restées du déjeuner

arrivent.

Où peut bien se trouver mon pigeonneau gris ?

Et les chats :

Diotima, Dedalus, Donatello,

Djuna, Denisen, reviendront-ils ?

De quel toit ai-je besoin pour recouvrir les pertes

et couper d’autres bois

qui ne soient pas vulnérables

ni indifférents

comme ne l’ont pas été ceux-ci

et qu’elles résistent plus que le sapin

– planchettes de boîtes de morts

au-dessus de mes yeux

comme des cercueils –,

poutres volées un dimanche de carnaval

comme des chars chargés de désir,

joie, douleur et mots

pour protéger un sentiment, un toit

qui s’enfonce de plus en plus

dans le sol

remplissant et remplissant les poèmes

avec des poussiers de charbon

où les termites (si sages) ont également enterré

leurs petites ailes perverses.

Et la lumière ?

Pourrais-je avoir un toit

impeccable

avec la même lumière que celui-ci elle coulait

à travers toutes ses fentes ?

Petits rayons de soleil, de luxure, d’amis,

de lucioles

qui venaient avec un mot qui les cachetait

– constance ou consolation –

pour couvrir les étoiles

les descendant une à une

comme la princesse du conte de Darío ?

Pour qui ?

Pour ceux que avons été ?

Ces fantômes qui errent

dans des chambres vides

et se souviennent

d’un ciel carmélite

un ciel vert

et un ciel bleu

« comme quand tout arrive à sa fin ».

Un tournesol de cieux

un arc-en-ciel

qui ne supportera pas une autre tempête

ni l’indifférence.

Comment être préparée pour un tel mensonge

qui fasse voir aux autres la vérité ?

Mais, « fais-le, fais-le » – j’entends insister les fourmis.

Ronfler les chats

depuis « l’au-delà ».

Ils ne savent pas ce qu’il en coûte d’enlever ou de mettre un toit.

Un ciel.

El techo

…y el techo es azul como cuando todo llega a su fin.

Yves Bonnefoy

¿Y qué lugar para mis poemas?

¿Y qué lugar para mis tazas

cuando la lluvia baje

a destrozarlas?

Amarrar las ventanas

con una cinta roja

y con una cinta negra

¡no nos protegerá!

El huracán llegó

para quedarse

y clavetear hormigas

apostadas entre ruinas

para que la sal no sude

la cerámica

no será suficiente.

Esta es mi casa:

un jardín disecado

por el sol en verano

y por el viento de invierno

(con sus malas yerbas

y sus malas palabras)

acostumbradas a crecer

y dar la sombra que pueden.

La pájara amarilla que escapó

dejó un aviso con cal en la pared

otra advertencia

por si otro pájaro se animara

a vivir comiendo cáscaras de arroz

sin granos.

Recuerdo cómo tuvimos aves pasajeras

que aprovecharon la tormenta

para escapar

–años tapándolas en la noche con un paño blanco

y destapándolas con un paño prieto después,

al amanecer

contra el insomnio nacional.

¿Cuándo dejamos de dormir

y de creer?

El calendario que teníamos

era ese movimiento sutil

de cubrir cada día

hasta el siguiente

la miseria, su rutina.

¿Dónde pongo ahora el lugar para el lugar?

¿Dónde la inquietud de un lugar que no es posible situar

ni sostener?

¿Dónde los exiguos granos para que no se mojen más

o para que nadie se los robe?

¿Dónde las macetas

que no pudieron soportar tanta humedad

–recipientes hechos para las goteras

más que para la tierra,

las flores y las primaveras?

A estas alturas

regreso a mi casa

para quitar el techo

y destapar la caja de pandora

–su crueldad–

(los grillos que sobrevivieron

susurrando consignas obsoletas

en este lugar que desaparece).

¿Cuántas noches me ayudaron

a olvidar?

¿Saldrá un cielo nuevo que cubra

esta intemperie?

¿Sobornaré tormentas

para que sean más débiles

y ocultar

la mezcla de negrura y aceite

que me envolvió

por todos estos años?

¿Cómo limpiarla?

Los tanquecitos de agua

contaminada

no serán suficientes

ni las moscas

–que todo lo pueden–

sobrevolando tendederas contra el viento,

burlándose de mi deseo de amparo

preguntarán:

“a estas alturas, vieja,

¿puedes sentirte indiferente

cuando otro techo encima del horizonte y más allá

se bambolea?”

La casita de enfrente, por ejemplo,

hacia la izquierda

que parece de palomas

pero que no lo es

cruje su zinc cuando los niños

regando las plumas que quedaron del almuerzo

llegan.

¿Dónde estará mi pichoncito gris?

Y los gatos:

Diotima, Dedalus, Donatello,

Djuna, Denisen, ¿volverán?

¿Qué techo necesito para cubrir las pérdidas

y cortar otras maderas

que no sean vulnerables

ni indiferentes

como no fueron estas

y que resistan más que la pinotea

–tablillas de cajas de muertos

encima de mis ojos

como féretros–,

vigas robadas un domingo al carnaval

como carrozas cargadas de deseos,

alegría, dolor y palabras

para proteger un sentimiento, un techo

que se hunde más y más

sobre el suelo

rellenando y rellenando los poemas

con cisco de carbón

donde los comejenes (tan sabios) enterraron también

sus alitas perversas?

¿Y la luz?

¿Podré tener un techo

impecable

con la misma luz que este colaba

por todas sus hendijas?

Rayitos de sol, de lujuria, de amigos,

de luciérnagas

que venían con una palabra selladora

–permanencia o consuelo–

a cubrir las estrellas

bajándolas una por una

como en el cuento de Darío a la princesa?

¿Cómo hacer un techo normal ahora?

¿Para quién?

¿Para los que fuimos?

Esos fantasmas que recorren

habitaciones vacías

y recuerdan

un cielo carmelita

un cielo verde

y un cielo azul

“como cuando todo llega a su fin”.

Un tornasol de cielos

un arcoíris

que ya no resistirá otra tormenta

ni la indiferencia.

¿Cómo estar preparada para esa mentira

que haga ver a los otros la verdad?

Pero, “hazlo, hazlo” –oigo a las hormigas insistir.

A los gatos ronronear

desde el “más allá”.

No saben lo que cuesta quitar y poner un techo.

Un cielo.

El baño

I

Siempre había flores en el baño,

porque buscábamos las flores en la noche

para que los gatos no se las comieran.

Y nos bañábamos con nomeolvides, mariposas,

príncipes negros, romerillos, esperanzas,

y el agua se rociaba con pétalos

–como si vivir fuera ese lago púrpura en las mañanas

donde nadie ya nos abraza.

¡Nunca nos bañamos juntos!,

y tal vez restregarte

–como le hacía Marina a Efrom en la cubeta–,

con el agua hirviendo de las patatas

nos hubiera ayudado.

Pero el viento se tiznó temprano

por los partos

y el hilo de vellos que bajaban desde la espalda

al coxis.

¡Cuánto daría ahora por tocarlo!,

nos faltó valor

aunque nunca nos faltaron flores

ni ganas.

II

El cuerpo en aquel recipiente crecía

por los efectos del vidrio

–igual que en las peceras se contemplan

los ojos agrandados de los peces

cuando nos miran asustados

asustándonos también–,

mientras las algas nos enredaban con fuerza,

apretándonos más.

En el patio, entre las madreselvas,

otro chorro bañaba a los hombres solos

entre las piedras traídas del desierto

hombros y pechos restregados

con la mirada

–como en la película que vimos juntos–

azotaban toallas blancas

y calientes en sus espaldas.

III

Pero mi vientre se ha extendido

al menor movimiento choca con el tuyo

cuando bailábamos disfrazados de matas

en la casa de Patricia H.

y el agua mojaba la tela verde clara

de los azulejos

contra el sudor de las manos que cambian

la dirección de una cintura delgada

hacia una protuberancia.

Los dedos se vuelven transparentes

–aunque sean torpes–,

solicitados por la voz

que sabe tararear la danza de los vientres.

IV

Era noche de carnaval

–el tronco me gustaba más

en el verano,

como ese tipo de árbol pegajoso

que te da confianza y bienestar

al abrazarlo–,

aunque nunca nos bañamos juntos

ni atravesamos a nado un estanque

ni nos sentamos en la costa de 16,

la “playita máscara dorada”

a donde iban los jóvenes por aquella época,

pero hacíamos sonidos de animales

para hablarnos

como cebras        como búfalos        como jirafas

y llevabas un turbante blanco en la cabeza

como el de mi padre en su féretro.

Todavía recuerdo sus pestañas

bajo la luz de la seda.

V

¿Si nos hubiéramos bañado entre las piedras oxidadas

por las filtraciones del techo

sostenido por botellas

nos hubiéramos amado?

¿Cómo envuelvo esta suposición en la toalla?

Ya no me besas ni tomas en mi vaso.

No puedo ver más rechazo alrededor

del agua atrapada que dejó caer

bajo el chorro

sobre tres cubitos plásticos

–versiones de Kurosawa para una misma historia–,

bañándonos por separado

regateando amor agua

indiferencia

contra el jarro del baño

“ni caliente, ni fría, ni tibia” –pedías,

rompiendo tus pies con pétalos

y añoranza de sobreponerme al terror

de entrar al mismo lado de la cama

húmeda todavía

imaginando a otros hombres

en la tina con flores

entre burbujas de champagne

y chocolate amargo

(ellos no saben que mi mano los describe

con sus rutinas y sus panzas

buscando a uno solo

que pueda tocar en el baño

con la pureza más impura que tiene

la vejez).

Advertencia

No toques otro piano que no sea el tuyo,

ni lo traiciones ni lastimes,

no lo reconstruyas tampoco

–pedía Glenn Gould:

un piano no puede recompensarse

de su caída (tú, tampoco)

ni salvar

sus martinetes

que dejaron

firmeza y obsesión

en la pasión de unas manos

flojas por la vejez.

Las notas sueltas se despedazan

sin poder agarrarlas

de su final inevitable.

Llorar, reír y correr

no te salvarán tampoco

del viento que pega contra la cara

y contradice en el esfuerzo

tu decisión:

la angustia de la música que ya no alcanza

para vivir el tramo de carretera que dejaron

los arpegios

sueltos, mudos, equidistantes de otra octava

imposible

cuando sentada al volante

–dejando de ser yo para ser ella–,

involucrada a más no poder

miro los kilómetros de teclado blanco

sobre los que pasé tantas veces las manos,

acariciándolos

(sin variaciones)

con desesperación.

Como si correr del blanco al verde

–esa imposibilidad de empezar

desde arriba otra vez–

en la canal, en la colina, entre las notas sueltas

donde me ensimismaba

y pedía gritar tocando

lo que ahora no puedo

por ser decente, vieja,

magullada

y sin música

me hubiera defendido

de la vanidad.

Sobre el frío linóleo

Puedo darte un empujón que te llevará exactamente ante la propia puerta.

A. M.

Eran los cuadrados verde claro

de la cocina y del cuarto: jaspeados

sin brillo ni pudor.

Era el rocking chair verde claro también,

donde a los trece años me sentaba

a leer a Joyce.

Era una adolescente

cuyas piernas no llegan al suelo

todavía

y las medias altas tejidas con cordel

cubrían hasta las rodillas

largos vellos.

Por el contrario:

el linóleo de la vejez

era caliente.

Las piernas resbalaban sobre él

adelgazadas, frías,

y los libros se leían

desde atrás hacia delante,

como si volver al principio

de una página

fuera una obsesión

que engañara al tiempo

permitiendo volver.

Pero no te engañes,

aunque te digan que

el tiempo no existe

–que el universo es estático–,

afuera

todos se mueven

en cuerpos diferentes al tuyo

que no puede correr detrás del autobús

o subir brincando la escalera

por los tropiezos del mosaico roto

del dolor de la cintura

de la mujer de una historia

cualquiera

a quien nadie mece en su sillón

desgañitándose

frente al cuadro

que no es una piscina

ni una fuente

que no llegó a ser un jardín,

aunque la arrastren hasta él

a gatear de nuevo

sobre el cuadrado

de la caja Scrabble

o de un libro

cuyo final no puede reconocer

a estas alturas:

esa puerta

que sin remedio

cae al revés.

Cuando se percata de que

ni siquiera es la mala reproducción

de un mapa

a donde nunca fue

–nunca lo supo–

que se ha recalentado tanto en sus ojos

de mirarlo

por la inmovilidad que tiene

una pasión que falta.

Para que pueda soportar

el empujón final

sin pensar en caerse

o en ¿quién se lo dará?

contra el brillo de un color

mate

restablecido

en la palabra de la infancia:

floor

que resalta

como un resbalón asesino

verde claro jaspeado

que no llegó a ser nada

tampoco.

Reina María Rodríguez

Nació en Habana en 1952. Graduada en Literatura Hispanoamericana por la Universidad de La Habana, es, sin lugar a dudas una de las figuras más importantes de la poesía cubana actual.

Ha publicado en numerosas antologías y revistas en América Latina, Norteamérica y Europa: Crítica, México; Diario de poesía, Argentina; Mandarla, Hopscotch, Zazil, Boundary 2, EEUU; Artefacto, Nicaragua; Coyote, Brasil; Entwürf, Alemania; Cuadernos Hispanoamericanos, Acción Poética, Francia; La Habana Elegante, entre otras. Ha sido traducida a varias lenguas: inglés, francés, ruso, vietnamita, árabe, alemán, portugués, italiano.

Ha impartido charlas y lecturas en las universidades de: Humboldt y Universidad Libre de Berlín, en Alemania. En universidades de los EEUU: en Princenton, New Jersey; Emory, Atlanta; Georgetown, Washington; Sunny, Búfalo, Iowa, Haftra de New York. En Río Piedra, Puerto Rico; en el Ateneo de Caracas, en la Feria del Libro Monterrey en México; en la Feria del Libro de Santo Domingo; en la escuela de poesía de Viena; en el Pompidou, París (1987) y (1998). Participó en la bienal de poesía de Val- de- Marne, París (1994). Dirige en La Habana el proyecto cultural Casa de Letras y es editora de la revista Azoteas.


Jean Portante